Cathédrale Notre-Dame de Chartres : le latex au service de l’histoire

 

En 2016, l’entreprise H. Chevalier et l’atelier Giordani ont investi l’un des chantiers de la cathédrale Notre-Dame de Chartes. Pour les travaux, ils ont choisi d’utiliser un produit ECP le Syra-Latex 740, un nettoyant pelable conçu par ECP. Après avoir répondu à la demande du marché public lancé par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’oeuvre (ACMH), sous contrôle de la DRAC Centre-Val de Loire et de l’ACMH en charge du secteur, Marie-Suzanne de Ponthaud, l’entreprise H. Chevalier et l’atelier Giordani, ont conclu un partenariat avec ECP.

 

La grande Dame de Chartres


Elle veille sur la ville de Chartres du haut de ses 113 mètres ! La cathédrale Notre Dame de Chartres, est construite à partir de 1194. Monument symbole du chef-lieu du département d’Eure-et-Loir, elle est située à 80 kilomètres au sud-ouest de Paris.


En forme de croix, son extrémité (le chevet) est orientée vers l’est, là où se lève la lumière, et là où se trouve le tombeau du Christ. Souvent considérée comme la cathédrale gothique la plus représentative et la mieux conservée de France, ses sculptures, vitraux et dallages, sont pour la majorité d’origine, bien que construits avec des techniques de l’architecture romane.

 

La cathédrale Notre-Dame de Chartres, a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historique par recensement sur la liste de 1862. C’est en 1979, que la cathédrale fait son entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

 

Zoom sur le jubé


Étendard du style début renaissance, le Jubé de la cathédrale Notre-Dame de Chartres est un trésor de notre patrimoine. Sa grande grille ouvragée d’orfèvreries dorées, encadrée de sculptures allégoriques, fait d’elle un spectacle d’émerveillement pour les visiteurs.


Cependant, il n’a pas toujours fait l’unanimité. En effet, le Jubé est détruit en 1763 à l’ordre du Clergé. Après cette destruction plusieurs bas-reliefs du jubé servent à des réparations ou aménagements du dallage, « face sculptée tournée contre terre ». Il est reconstruit en 1766, sous ordre du chapitre, dans le cadre du projet de transformation du choeur de la cathédrale. Les plans sont conçus par l’architecte Victor Louis et sont adoptés par le chapitre le 26 novembre 1766. Les sculptures représentant des vertus telles que la Charité, la Foi, l’Espérance et la Tempérance, ainsi que les scènes représentant l’Annonciation et le Baptême du Christ sont exécutées par Pierre Berruer, membre de l’Académie royale de sculpture de Paris. La grille, quant à elle, est réalisée par trois artistes parisiens : Joseph Pérez, Louis Prieur et Antoine-Nicolas Martin. Le jubé est ainsi conçu dans trois pierres calcaires différentes, dont la pierre de Tonnerre et de Vernon.


 Avant la restauration            Pose du latex

  

 Retrait du latex à la main   Pose du latex

Une structure complexe


Les sculptures du Jubé présentent une structure complexe en trois registres dont le registre médian qui comporte des scènes composées de statues où figurent les scènes de la vie de la Vierge. Le registre supérieur comporte des dais en dentelle de pierre, très complexes et fragiles, de style gothique évoluant au fil des travées vers un style Renaissance.


Les effets du temps


Au fil du temps, poussière, pollution atmosphérique, fumée et suies de bougies ont créés un sulfocalcin inesthétique qui nécessite un nettoyage pour rendre sa beauté au Jubé.

 

La solution pour le nettoyage


Le Syra-Latex est un produit de nettoyage élaboré à partir de latex naturel, soit la sève de l’hévéa. Après son application sur les pierres et son séchage, le produit forme un film pelable, qui est ensuite éliminé naturellement. Le Syra-Latex 740 combine une double action chimique et mécanique sur le support : il solubilise les polluants, puis les fixe durant le séchage. Son utilisation ne nécessite pas d’eau, elle ne génère ni poussière, ni nuisance sonore. Après plusieurs essais entre différents produits pelables, dont le Syra-Latex 740 et 700, c’est le Syra-Latex 740 qui a été retenu par l’atelier Giordani, grâce à ses nombreux avantages : sa faible adhérence, sa couleur verte, son efficacité de nettoyage, sa facilité au retrait.

 

Procédé de nettoyage et expérience du restaurateur


Travail et technique étaient au rendez-vous avec la méthode de restauration au Syra-Latex 740.


Pour l’atelier Giordani, la technique utilisée sur le chantier a plusieurs avantages : « le latex fait preuve d’une grande souplesse, d’une visibilité facilitant l’application et le retrait après séchage (grâce à sa couleur verte très reconnaissable), ainsi que d’une efficacité de nettoyage vis-à-vis des forts encrassements. L’intérêt du produit c’est qu’il a une très faible adhérence au support, ainsi le film cède avant la pierre finement sculptée ce qui été pour nous de la plus grande importance», témoigne Serge Giordani, restaurateur de l’atelier Giordani.


Sur le chantier du Jubé, l’application du latex s’est faite après un travail de dépoussiérage à la brosse, au bâtonnet et sous une aspiration contrôlée de tous les éléments en restauration. Le latex est ensuite appliqué, sur les surfaces sèches, à l’aide de pinceaux de différentes tailles selon les zones concernées. « Sur ce type d’éléments, le latex doit être appliqué en couches régulières de 1mm. Une polymérisation complète doit être observée avant retrait, ce dernier se fait à la main.

 

Après l’enlèvement du film, des petits résidus peuvent être présents. Étant donné la complexité des reliefs, ils sont " soit éliminés à la pince, soit à l’aide d’un pinceau humide, après humidification à l’eau ", explique Serge Giordani. 

 

Aujourd’hui, le Syra-Latex est toujours utilisé sur les chantiers de la cathédrale Notre-Dame de Chartres, notamment pour la poursuite de la restauration du pourtour du choeur et des transepts.

 

 

 

 

Inès Frioukh

 

Plus d'informations sur le Syra-Latex 740 ici.